Compte-rendu de l’atelier « Comment accompagner une reprise de club ? »

Compte-rendu de l’atelier « Comment accompagner une reprise de club ? »

Compte-rendu de l’atelier « Comment accompagner une reprise de club ? »

Atelier dans lequel intervenaient :

  • Jacques Messeca, Avocat Associé au Barreau de Paris, Cabinet AyacheSalama
  • Henri Philippe, Associé Accuracy, Accuracy
  • Bruno Belgodère, Co-dirigeant en charge des affaires économiques, Première Ligue
  • Stéphane Martin, Consultant, ancien Président du FC Girondins de Bordeaux

Et dont étaient partenaires le Cabinet AyacheSalama et Accuracy

 

Dans un premier temps, les intervenants ont présenté les différents modèles actuels de reprise de clubs sportifs professionnels et se sont posés la question de savoir si ces modèles répondaient aux attentes et aux projets des investisseurs.

Quatre modèles types ont ainsi été retenus : le modèle « industriel » et sportif (ex. : Asvel / Paris Volley), le modèle des États souverains / « Soft power » (ex. : Manchester City / PSG), le modèle des investisseurs étrangers et de familly office (ex. : Chine, US, UK, etc.), et le modèle traditionnel (Investisseurs locaux et tour de table régional ou national).

Aujourd’hui, on constate globalement une rupture du modèle classique et un attrait croissant pour le modèle nord-américain qui pourrait, à l’avenir, s’accompagner d’un « salary cap », c’est-à-dire d’un plafonnement de la masse salariale des clubs qui vise notamment à préserver l'équité des championnats et qui a, sans nul doute, un impact sur les compétitions européennes.

Cependant, on continue d’observer une réelle différence structurelle de modèle entre les clubs français et les clubs anglais. Cette réalité statistique forte s’est d’ailleurs amplifiée ces dernières années et on constate une corrélation très significative entre le volet sportif et le volet budgétaire d’un club. Le montant des droits télévisuels n’est pas non plus équivalent entre le Royaume-Uni et la France et ces déséquilibres favorise bien évidemment les plus gros clubs.

Dans un second temps, a été abordé la question de l’appréhension et de la valorisation des différentes classes d’actifs des clubs.

Les actifs d’un club sportif ne se distinguent pas de ceux d’autres entreprises n’évoluant pas dans le monde sportif, à la seule exception qu’il s’agit majoritairement d’actifs immatériels (droit d’utilisation d’un stade, centre de formation, contrat marketing, sponsoring, contrats des joueurs, anticipation des droits TV, etc.). Or, cette immatérialité des actifs peut constituer un frein aux volontés de rachat des investisseurs.

De plus, l’actuelle économie d’extrêmes, basée sur une moyenne, n’est pas révélatrice de la valeur d’un club dans le marché du sport et particulièrement du football, et ne permet pas au modèle actuel de bien fonctionner. En effet, s’il est possible d’identifier et de cibler les poches de valeurs ou encore la valeur globale d’un club, il reste en revanche vain de tenter de distinguer ces valeurs entre elles puisque celles-ci sont de nature très diverse : valeur financière, valeur partenariale (marketing), valeur des supporters, valeur du réseau local du club (ex. : Asvel, OL), valeur internationale (Ex. : OL, PSG, Paris Volley), etc.

À cet égard, Henri Philippe, associé chez Accuracy, a d’ailleurs souligné qu’au regard de du paysage médiatique qui entoure un club, le prix de reprise des clubs français était tout à fait raisonnable.

Dans un troisième temps, les intervenants se sont interrogés sur la présence et le rôle des régulateurs dans un processus de reprise.

Les instances régulatrices jouent un rôle très important dans le processus de reprise d’un club puisqu’à l’instar de la DNCG, elles peuvent, après entretien et étude du business plan, émettre un avis consultatif à l’attention du futur acheteur.

Faisant part de leurs expériences respectives, Bruno Belgodère, co-dirigeant en charge des affaires économiques à Première Ligue, et Jacques Messeca, avocat au Barreau de Paris, ont présenté quelques cas dans lesquels la DNCG avait exercé ses nouvelles prérogatives d’analyse des projets de reprise et d’approbation du repreneur.  

Si l’acheteur reste libre et n’est nullement tenu par l’avis de ces instances régulatrices, le contrôle qu’elles exercent permet tout de même généralement d’éviter que des investisseurs proposent des structurations financières peu fiables ou peu connus jusqu’ici lorsqu’ils procèdent à la reprise d’un club français. De plus, si l’avis donné par la DNCG n’a qu’une valeur consultative, l’instance régulatrice ne manquera toutefois pas de rappeler à l’investisseur qui reviendrait devant elle qu’il a fait le choix d’outrepasser cet avis, malgré les risques qui lui avaient été présentés. Enfin, contrairement à ce qui se passait antérieurement, le contrôle des instances régulatrices impose aux investisseurs de présenter, dès la reprise du club, un business plan et des intentions conformes aux exigences réglementaires. Il n’est désormais plus possible pour l’investisseur de bénéficier d’un délai de deux ou trois ans pour mettre en œuvre le projet de reprise.

Dans un quatrième temps, a été abordée la question des actifs des clubs de demain. À cette interrogation, les réponses ne manquent pas : le football féminin, le marketing digital, les socios, les ligues fermées nationales (modèles des franchises US) ou européennes (projets en cours sur la Champion’s League), nombreuses sont les solutions de demain pour valoriser un club. Une modification du format des compétitions actuelles pourrait également avoir un impact sur la reprise des clubs. De même, les nouveaux marchés de consommation du sport auront très certainement un impact sur la valeur des clubs.

Dans un dernier temps, l’atelier s’est achevé sur la question de savoir quelle stratégie et quel modèle de gouvernance pour les investisseurs et repreneurs ? Les intervenants se sont accordés pour dire qu’il est nécessaire de mettre en place une régulation plus large sur le fair-play financier au niveau européen.

 

 

Plus d’informations :

Les partenaires :

  • Le Cabinet AyacheSalama

Créé en 1992, c’est avec l’arrivée de Bruno Erard et de son équipe en 2003 que se développe un département fiscal au sein du cabinet. En 2004, après une fusion stratégique avec le cabinet Tordjman & Associés, le cabinet s’ancre en corporate finance sur un axe plus marqué en private equity. En suit la création d’un département Banque-Finance et la confirmation d’un modèle de culture mixte française et anglo-saxonne. En 2009, est créé Capital Ingenium entre AyacheSalama et Capstan. Puis, en 2014, AyacheSalama ouvre un bureau à Londres, avant de créer un pôle d’excellence en droit social et de renforcer le cabinet en fiscalité internationale et patrimoniale. Le cabinet se développe encore en 2016 avec l’arrivée de l’équipe de Frédéric Fuchs, renforçant l’expertise « Concurrence – Distribution – Contrats Commerciaux ». En 2018, est créé un département « Public – Réglementaire » au service des entreprises consacrant la rencontre entre le droit privé et le droit public.

L’expertise du Cabinet AyacheSalama recouvre les domaines suivants :

  • Fusions et acquisitions - Capital Investissement
  • Banque et Finance
  • Contentieux
  • Fiscalité
  • Concurrence - Distribution - Contrats commerciaux
  • Social
  • Public - Réglementaire
  • Immobilier
  • Entreprises en difficulté
  • Actionnariat salarié et Épargne salariale
  • Sport

Plus d’informations sur le Cabinet AyacheSalam : ici

  • Accuracy 

Accuracy a été fondée en novembre 2004 par un groupe d'anciens consultants d'Arthur Andersen, motivés par le besoin d'un acteur indépendant dans le domaine du conseil financier. L'équipe était déterminée à transformer ce nouveau projet entrepreneurial en une entreprise prospère, dans laquelle le plus grand engagement envers ses clients et ses employés était d'égale importance et l'innovation constante était une nécessité. Depuis la création de l'entreprise en 2004, Accuracy s'est rapidement développée et compte aujourd'hui des équipes internationales dans ses bureaux en Europe, en Amérique du Nord, en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique et dirige des missions pour des clients prestigieux dans le monde entier.

Accuracy, détenue à 100% par ses partenaires, est le seul acteur international totalement indépendant dans son domaine d'expertise au service du conseil aux dirigeants et actionnaires des entreprises.

Accuracy met à la disposition de ses clients ses connaissances approfondies et son expertise pour les aider à faire face à différentes situations : acquisitions, cessions, litiges, contentieux, entreprises en difficulté, restructurations. Afin d'apporter des solutions sur mesure à ces situations, l’entreprise accorde une grande importance à l'invention et à la réinvention constantes de ses services.

L'ADN d'Accuracy est constitué d'équipes internationales, multiculturelles et diversifiées qui conjuguent leurs compétences de la manière la plus efficace et la plus efficiente qui soit afin d'obtenir toujours les meilleurs résultats. 

Plus d’informations sur Accuracy : ici

 

Les intervenants :

  • Jacques Messeca, Avocat Associé au Barreau de Paris, Cabinet AyacheSalama
  • Henri Philippe, Associé Accuracy. Accuracy
  • Bruno Belgodère, Co-dirigeant en charge des affaires économiques, Première Ligue
  • Stéphane Martin, Consultant, ancien Président du FC Girondins de Bordeaux.